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D’un parent à l’autre
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« Profite de chaque instant » : pourquoi tu culpabilises quand tu es épuisé ?

il y a 12 minutes
4 min de lecture

Tu aimes ton bébé, mais tu n’as pas envie de savourer chaque réveil à 3h du matin ? Tu peux respirer. La fatigue peut rendre les émotions positives moins accessibles, même quand l’amour est bien présent. Tu peux trouver cette période précieuse et avoir hâte que la journée finisse. Tu n’as pas à apprécier chaque instant pour prendre soin de ton enfant.



Qu'en dit la science?


Le manque de sommeil peut diminuer les émotions positives, comme la joie et le contentement. Une vaste synthèse de recherches expérimentales observe cet effet lorsque les nuits sont écourtées ou interrompues. Ces études ne portent pas uniquement sur les parents, mais elles éclairent une partie du quotidien avec un bébé : quand tu dors par petits bouts, « profiter » peut demander une énergie que tu n’as plus. 


Tu racontes que la nuit a été difficile.

Que tu as mangé ton déjeuner debout.

Que tu aimerais prendre une douche assez longue pour utiliser aussi le revitalisant.

Et quelqu’un te répond : « Profite de chaque instant. Ça passe tellement vite. »


L’intention est probablement bienveillante. La personne se souvient des petites mains, des premiers sourires, du bébé qui dormait contre elle. Toi, tu viens de changer un troisième pyjama avant 9 h et tu n'as pas encore fini ton premier café! Alors, en plus de la fatigue, une nouvelle question s’installe : est-ce que je suis en train de manquer quelque chose? Tu aurais peut-être surtout eu besoin d’entendre : « Ça semble exigeant aujourd’hui. Je peux faire quoi pour t’aider? »




Aimer ton bébé et aimer ta journée sont deux choses différentes

Tu peux adorer son odeur et vouloir qu’on te laisse quelques minutes sans contact.

Tu peux sourire devant ses joues et pleurer parce que tu es épuisé.

Tu peux avoir souhaité cet enfant pendant longtemps et trouver certaines journées franchement difficiles.


Une journée pénible ne mesure pas la place que ton bébé occupe dans ton cœur. Elle raconte aussi les pleurs, les besoins qui s’enchaînent, les repas interrompus et le peu de temps pour reprendre ton souffle. Tu as le droit de dire : « Je l’aime tellement. Aujourd’hui, je trouve ça dur. » La phrase est complète.


Quand tu manques de sommeil, la gratitude ne fait pas tout

Parfois, tu sais très bien que ce moment est précieux. Tu le sais intellectuellement. Mais tu ne le ressens pas comme tu pensais le ressentir.

Ton bébé s’endort enfin sur toi. Tu regardes sa petite bouche, puis l’heure. Tu calcules si tu auras le temps de manger avant son prochain réveil.

Ça ne veut pas automatiquement dire que tu manques de reconnaissance. La fatigue fait aussi partie de l’équation.

Te demander de voir le bon côté peut ajouter une tâche à une journée déjà pleine. Certains jours, ce qui t’aiderait le plus est très concret : un repas prêt, quelqu’un qui fait la vaisselle ou un relais qui te permet de te reposer.



Le lien se construit aussi pendant les moments ordinaires

On imagine parfois la relation avec son bébé comme une succession de grandes émotions : le premier regard, les premiers sourires, les câlins qu’on voudrait faire durer toujours. Il y a aussi les gestes répétés ; le nourrir, lui parler en changeant sa couche, le prendre quand il pleure, apprendre, tranquillement, à reconnaître ses signaux. La science nous rappelle que le lien peut se développer progressivement, au fil des interactions quotidiennes. Il peut aussi prendre du temps à se former. Tu peux prendre soin de ton bébé sans ressentir une vague d’émerveillement à chaque changement de couche. Heureusement, parce qu’il y en a beaucoup.


Si ça te fait du bien, tu peux remarquer un petit moment agréable : un son nouveau, une main autour de ton doigt, un regard qui te fait rire. Ce moment peut rester petit. Il n’a pas besoin de transformer les onze heures précédentes en journée merveilleuse. Et si tu n’as rien envie de retenir aujourd’hui, tu peux aussi laisser cette journée se terminer. Aucun journal de gratitude obligatoire avant de te coucher.


Quoi répondre quand on te dit de profiter ? Tu n’as pas toujours l’énergie d’expliquer tout ce qui se passe derrière tes cernes. Une phrase peut suffire :

  • « Oui, ça passe vite. En ce moment, les journées sont quand même longues. »

  • « Il y a de beaux moments, et j’ai aussi besoin d’en parler quand c’est difficile. »

  • « Ce qui m’aiderait à en profiter aujourd’hui, ce serait que tu apportes le souper.


Une demande précise peut donner une prise à la personne qui veut t’aider :

« Peux-tu prendre bébé pendant que je mange? »

« J’ai besoin de parler dix minutes sans recevoir de conseils. »

« Peux-tu t’occuper du lavage cette semaine, sans que j’aie à y penser? »


Tu peux choisir l’humour, la franchise ou une réponse très courte. Tu n’as pas à rendre ton quotidien plus joli pour que quelqu’un soit à l’aise de l’entendre.




En conclusion

Peut-être qu’un jour, certaines choses de cette période vont te manquer. Ça ne rend pas les difficultés d’aujourd’hui moins réelles. Tu peux trouver les petites mains magnifiques et les nuits beaucoup trop courtes. Tu peux vouloir garder un souvenir et avoir besoin d’une pause.


Aujourd’hui, tu n’as peut-être pas profité de chaque instant. Tu as nourri, consolé, bercé et recommencé. Ça mérite aussi d’être reconnu.


Besoin de dire « j’aime mon bébé, mais là, je suis à bout » à des adultes qui comprennent? Passe nous voir chez Lactéa. Tu peux venir avec tes cernes et sans belle conclusion à raconter.





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